Thèse présentée à
L'UFR DES SCIENCES ET TECHNIQUES DE L'UNIVERSITE DE
FRANCHE-COMTE
par Laurent JUIF
pour obtenir le Diplôme de Docteur de l'Université
de Franche-Comté en Sciences de la Terre
HYDROGEOLOGIE DE LA HAUTE MONTAGNE
APPROCHE DU FONCTIONNEMENT HYDRODYNAMIQUE
DES AQUIFERES DE VANOISE
- SAVOIE - FRANCE -
Soutenue le 13 mars 1991, 258 pages
Composition du Jury:
- P. CHAUVE Professeur à l'Université
de Franche-Comté Président
J. MANIA Professeur à l'Université de Franche-Comté
Rapporteur
- J. P. RAMPNOUX Professeur à
l' Université de Savoie Rapporteur
- G.DE MARSILY Professeur à
l'U. P. et M. Curie-Paris VI Examinateur
- A. PARRIAUX Docteur ès Sciences,
EPF de Lausanne Examinateur
M. DRAY Maître de Conférences, Université
d'Avignon Invité
M.O. GUTH Directeur du Parc National de la Vanoise Chambéry
Invitée
- G. NICOUD Maitre de Conférences,
Université de Savoie Invité
Résumé
L'hydrogéologie des massifs montagneux, à des
altitudes supérieures à 1500m, est étroitement
dépendante d'un contexte spécifique qui se caractérise
par:
- des contrastes topographiques importants, responsables de
forts gradients qui favorisent le ruissellement et du morcellement
des bassins versants topographiques.
- des hétérogénéités lithologiques
et des discontinuités géologiques majeures. La
tectonique alpine vigoureuse a induit une fracturation intense,
à diverses échelles, qui favorise la constitution
de réservoirs en milieu de roches compactes. Malheureusement,
cette tectonique a engendré des géométries
très complexes qui vont largement limiter l'extension
des aquifères. En Vanoise, les formations rencontrées
sont très variées, mais peuvent cependant être
regroupées en deux grandes catégories suivant leurs
propriétés hydrologiques:
- Les formations aquicludes (paraschistes et gneiss),
- Les formations aquifères qui comprennent:
- les formations carbonatées (métadolomies et
marbres essentiellement), à permÉabilité
de fracture dont l'extension laté rale et verticale est
faible. Des formations quartzitiques, plus limitées, appartiennent
aussi à cet ensemble;
- les formations alluvionnaires ou glaciaires, de comblement
des ombilics de fond de vallée, à perméabilité
d'interstice et à extension très limitée;
- les formations évaporitiques, qui jalonnent les contacts
intra et inter unités.
Leur extension latérale est considérable, sans
rapport avec les affleurements, et leur
perméabilité liée à la dissolution
des gypses.
- des variabilités climatiques spatiales et temporelles
. Le manque de stations de mesures dans les hauts domaines d'altitude
n'a pas permis de définir un gradient altimétrique
des précipitations. Seule une série de gradients
altimétriques des températures a pu être
établie. L'établissement de bilans hydrologiques
est impossible pour l'instant. Toutefois, il apparait que le
facteur "température" est primordial car il
règle la recharge des aquifères d'altitude. Il
conditionne la fonction retard à l'infiltration avec l'engel
des sols et le stockage solide des précipitations.
Le fonctionnement des trois grands types d'aquifères
définis a été étudié au travers
de quatorze points d'eau représentatifs et répartis
sur l'ensemble du Parc National de la Vanoise et sa périphérie
immédiate. Les altitudes d'émergence varient entre
1300 et 2600m, alors que leurs bassins versants topographiques
culminent parfois à plus de 3000m.
Ces points d'eaux ont été suivis mensuellement
au niveau physique, chimique et isotopique pendant 18 mois, d'octobre
1988 à avril 1990. Les deux hivers pris en compte correspondent
à deux étiages montagnards peu sévères.
L'analyse de ces paramêtres confirme que chaque aquifère
caractérisé au niveau géologique est marqué
par un fonctionnement hydrodynamique qui lui est propre.
Ainsi:
- les milieux alluvionnaires présentent des temps de
transit courts, compte tenu de la faible extension de ces formations.
Des "effets de chasse" sont consécutifs aux
moindres recharges provoquées par tout réchauffement.
L'alimentation est diffuse, se faisant essentiellement par ruissellement
le long des versants et par infiltration du cours d'eau principal.
Les bassins versants souterrains et superficiels sont bien corrélés;
- les milieux fissurés, présentent eux, des temps
de séjour plus longs, en rapport avec l'extension des
massifs fissurés et d'éventuels axes de drainages
privilégiés. Ces aquifères sont sensibles
à des évolutions climatiques saisonnières.
Leur alimentation plus ponctuelle se fait au niveau de zones
d'infiltration préférentielles, fracturées.
Les bassins versants souterrains s'éloignent des bassins
versants topographiques;
- les amas évaporitiques des contacts anormaux présentent
une remarquable stabilité des réponses physico-chimiques
et isotopiques 18O), résultant du drainage à débit
constant, par les gypses, des réserves importantes en
fait contenues dans les milieux fissurés sus-jacents.
Les temps de séjours apparaissent d'autant plus grands
(jusqu'à une année au moins) que l'altitude d'émergence
du contact drainant est basse. Un âge ancien des eaux traduirait
un massif drainé épais.
MOTS CLES: Hydrogéologie - Haute montagne - Vanoise
- Alluvions - Evaporites - Calcaires - Chimie - Isotopie.
Abstract
Hydrology in mountainous areas in altitudes highest than 1500m
depends directly on a specific context defined by:
- important topographic contrasts, responsable for high gradients
that help running off and division of topographic catchment areas;
- lithological heterogeneities and major geological discontinuities.
Intensive alpine tectonic has induced an important fracturation
at different scales that helps the constitution of storages in
compact rocks. Unfortunetly, this tectonic has led to quite complicated
geometries that largely limit the aquifers extension. In Vanoise,
in spite of their differences, founded formations, according
to their hydrological properties can be classified in two important
categories:
- aquiclude formations (paraschists and gneiss);
- aquifer formations that include:
- carbonated rocks (mainly metadolomits and marbles) that present
a permeability of fracture, with a week lateral and vertical
extension. Quartzitic formations, more rare, also belong to this
group;
- alluvional or glacial formations, from overflowing of umbilics
from bottom of valley, with an interstitial permeability and
a very reduced extension;
- evaporitic formations that mark out inter and intra contacts
between the units. Their lateral extension is lather considerable,
without any relation with outcrops, and their permeability is
linked to gypsum's dissolution.
- Climatic spatial and temporal variations. The absence of
measurement stations in high altitudes has'nt allowed the definition
of precipitations altimetric gradient. Just a serie of temperatures
altimetric gradients has been etablished. Drawing up hydrological
balances is impossible at the moment. However, it seems that
the element "temperature" is primordial because it
controls the recharge of altitude aquifers. It also conditions
the delay process to infiltration with the frosting of soils
and the solid storage of precipitations.
The working of these three important types of aquifers has been
studied through fourteen representative water commings, distributed
on the whole Parc National de la Vanoise and its immediate periphery.
The emergence altitudes vary between 1300 and 2600m, while their
topographic catchment areas sometimes culminate at more than3000m.
These water points have been observed every months in terms of
physical,chemical and isotopical characteristics, during 18 months,
from October 1988 to april 1990. Both winters considered correspond
to slight mountainous lowest flow level periods. The analysis
of this parameters confirm that each geologically characterised
aquifer is marked by its own hydrodynamical working.
So:
- the alluvial environment presents short transit times, according
to their weak extension. The "piston flows" are consecutives
to minimal overcharges due to any heating. Their feeding is diffuse,
basically by running off all along versants, and by main stream
infiltration. Underground and superficial catchment areas are
well linked;
- the fissure environment presents a larger lifetime, in relation
to the extension of fissured areas and eventual privileged and
drainage axis. These aquifers are sensible to seasonal climatic
evolutions. These most punctual feeding is at the level of fractured
preferential infiltration zones. Underground catchment areas
get far away from topographic ones;
- evaporitic anormal contacts present a remarkable physico-chemical
and isotopical (18O) stability, resulting from constant flow
drainage, by the evporitic rocks, of important reserves contained
in fissured environments. Lifetimes appear each time (at last
once a year) bigger while emergence altitude of the draining
contact is lower. An old age of water will suppose thick drained
areas.
KEY WORDS: Hydrogeology - High mountain - Vanoise - Alluvial
deposits - Evaporitic formations - Limestone- Chemistry - Radio
isotopy.
Conclusion générale :
Présentation topographique, climatologique et géologique
du secteur d'étude
Situé dans le massif de la Vanoise, c'est un pays de
montagne fortement contrasté:
- au niveau topographique: les basses vallées
(Moutiers, 480m, Modane, 1000m) jouxtent les plus hauts sommets
(Grande Casse, 3852m). Cela induit des gradients altimétriques
élevés favorisant le ruissellement.
- au niveau climatologique: la période d'étude
(1988/1990), "chaude et sèche", est caractérisée
par un déficit hydrique très important (de l'ordre
de 30%) par rapport aux moyennes. Les deux hivers pris en compte
sont particulièrement doux, ce qui peut avoir des influences
au niveau isotopique (18O). Le contexte climatologique du massif
de la Vanoise est complexe dans le détail. L'extrapolation
des données de Météo France à l'ensemble
de nos bassins versants ne donne pas des résultats d'une
précision absolue, en raison du manque de mesures dans
les hauts domaines d'altitude. Ils sont toutefois suffisant pour
l'étude en cours qui ne fait pas appel à des calculs
de bilan. L'établissement d'un bilan hydrique global est
impossible pour l'instant, d'autant qu'à des valeurs déjà
extrapolées, s'ajoutent des facteurs difficilement quantifiables
en montagne tels que l'aérologie ou l'exposition des versants,
voire le débit. Les contrastes géographiques (altitude,
encastrement des vallées, exposition, aérologie)
sont tels que les précipitations, ou l'épaisseur
du manteau neigeux, doivent être considérés
comme ca-ractéristiques d'un endroit donné à
un instant donné et ne peuvent être corrélés
avec l'altitude. Pour les températures, une série
de gradients altimétriques a pu être établie
. Elle est utilisée pour caractériser les températures
de l'air régnant sur chaque bassin versant topographique
durant la période d'étude. Celles-ci, négatives
pratiquement toute l'année aux altitudes considérées,
sont responsables d'un engel extrêmement profond des sols,
dont seule la partie superficielle pourra dégeler en été.
- En période froide, on note le blocage général
de l'infiltration sur l'ensemble des aires d'alimentation, à
condition que l'engel du sol se soit produit avant la formation
de la couverture nivale. Toutefois, le manteau neigeux évolue,
en fonction de paramêtres tels que l'ensoleillement ou
le flux géothermique, et la fusion ni-vale est possible.
Il s'en suit alors un ruissellement à l'interface sol-neige
qui pourra recharger partiellement des aquifères.
- Lors de la fonte généralisée de printemps,
une bonne partie de l'eau de fonte ruisselle le long des versants,
sur les sols encore gelés, pour alimenter les ruisseaux
et nappes d'accompagnement. Le reste participe à la recharge
des aquifères fissurés, au niveau des zones fracturées
dépourvues de sols.
- En été, la fonte affecte les stocks neigeux
situés à des altitudes de plus en plus élevées.
Elle est responsable de la recharge estivale des aquifères.
- au niveau géologique: la géologie de
Vanoise est très complexe. Ce massif fait partie de la
ceinture polytectonisée et polymétamorphique des
Alpes nord-occidentales. Il est constitué en fait d'un
empilement de nappes qui constituent les unités briançonnaises
(zone Houillère et zone Vanoise-Mont Pourri-Ambin), piémontaises
s.s. (massif du Grand Paradis) et liguro-piémontaises
(Schistes lustrés). La tectonique a été
vigoureuse. Elle est responsable de la superposition des nappes
et de leur plissement interne. Elle a induit une géométrie
des formations extrèmement compliquée, qui, liée
à une intense fracturation, en limite l'extension. A ces
discontinuités, s'ajoute l'hétérogénéité
des faciès rencontrés; en effet, ceux-ci sont très
variés, mais peuvent cependant être regroupés
en quatre grandes catégories:
- Les paraschistes et les gneiss qui forment l'essentiel des
substrata et des couvertures des unités internes,
- Les métadolomies, les marbres et les quartzites, constituants
majoritaires des couvertures de la zone Vanoise-Mont Pourri-Ambin,
- Les épaisses formations à gypses et cargneules
qui marquent les contacts intra et inter unités,
- Les formations alluvionnaires et glaciaires qui comblent
les ombilics de fond de vallée, et les éboulis
qui drapent les versants, issus de la tectonique et de l'érosion.
Le comportement hydrologique de ces formations permet de distinguer:
- Les formations aquicludes: sont considérées
comme globale-ment (mais pas totalement) imperméables
les paraschistes et les gneiss,
- Les formations susceptibles d'être aquifères;
sont globale-ment considérées comme telles:
- les formations carbonatées (métadolomies et
marbres essentiellement) et quartzitiques, à perméabilité
de fracture. Leur faible puissance limite encore plus l'extension
de ce type d'aquifère,
- les formations alluvionnaires ou glaciaires, à perméabi-lité
d'interstice. Elles comblent les ombilics, et ont par conséquent
une extension très limitée,
- les formations évaporitiques, dont la perméabilité
est liée à des chenaux de dissolution. Si leur
puissance est souvent réduite, leur extension latérale
est généralement considérable.
Points d'eaux suivis - Paramètres
étudiés
Les points d'eau suivis
C'est par l'intermédiaire de leurs émergences
que nous avons tenté de comprendre le fonctionnement hydrodynamique
des trois types d'aquiféres de haute-montagne précédemment
définis.
Dans ce but, des points d'eau ont été choisis
en fonction de leur représentativité géologique
et spatiale, de leur pérennité, de leur étagement
en altitude, et enfin de leur accessibilité. Quatorze exutoires
ont ainsi été retenus pour cette étude, dont
l'émergence est comprise entre 1300 et 2550 m d'altitude.
Parmi eux, cinq sont issus du milieu fissuré, quatre du
milieu alluvionnaire, et cinq du milieu évaporitique. Leurs
bassins versants topographiques, qui s'étendent parfois
à plus de 2800m d'altitude, sont peu repré-sentatifs
des aires d'alimentations réelles comme le prouvent l'étude
des débits spécifiques mensuels d'étiage
et des traçages réalisés sur quelques un
des points d'eau étudiés.
Moyens d'étude
Ces émergences ont été suivies mensuellement
pendant 18 mois (octobre 1988 - avril 1990) au niveau physique
(débit, tem-pérature, conductivité et pH),
chimique (12 éléments majeurs) et isotopique (18O
et 3H). Près de 3000 mesures ont été recueillies.
Au niveau physico-chimique, les très nombreuses données
ont été analysées par des méthodes
traditionnelles (étude des variations mensuelles des teneurs,
diagrammes de Piper, indices d'échanges de base) et statistiques
(Analyse Factorielle des Correspondances ou AFC). Cette dernière
a permis de faire ressortir trois familles d'eaux qui correspondent
aux trois types d'aquifères que la géologie avait
déterminés. C'est pourquoi nous résumerons
les principaux résultats par type d'aquifère. L'étude
isotopique, tout en confirmant ces résultats, a apporté
des informations nouvelles sur le mode de fonctionnement des aquifères,
dont les bassins versants hydrogéologiques culminent souvent
à plus de 3000m.
Caractéristiques des milieux étudiés
Le milieu alluvionnaire
Les matériaux, localisés dans des ombilics et
issus du démantèlement des massifs, sont essentiellement
carbonatés. La faible extension géographique de
ce type d'aquifère favo-rise de courts temps de transit.
La moindre arrivée d'eau provoque des ~effets de chasse~.
Ceci explique la faible minéralisation générale
des eaux issues de ces nappes superficielles. Les temps de séjour
sont d'autant plus courts que les zones d'alimentation sont généralement
diffuses (prépondérance du ruissellement) bien que
pouvant être mixtes. Le moindre réchauffement climatique
provoque une recharge de ce type d'aquifère. Les bassins
versants géographiques et hydrogéologiques sont
assez bien corrélés.
Le milieu fissuré
Les matériaux constituant ces milieux sont essentiellement
carbonatés (calcaires, marbres, dolomies) et quartzitiques.
La tectonique a engendré un compartimentage et une intense
fracturation. Les axes de drainages préférentiels
ainsi créés, liés à de forts gradients,
favorisent des vitesses de transit rapides. Mais la fissuration
et l'extension plus importante de ce type d'aquifére expliquent
des temps de séjour plus longs.
La plupart des sources de Vanoise présentent un faciès
chimique marqué par les sulfates. Les eaux issues du milieu
fissuré peuvent résulter ici du fonctionnement parallèle
de deux systèmes aquifères différents. L'un
à l'aval, carbonaté et fissuré, dont les
eaux s'imposent en période estivale. L'autre à l'amont
ou injecté, évaporitique, dont les eaux prédominent
en hiver à l'exutoire. C'est le résultat de la tectonique
alpine, aux nombreux chevauchements, décollements et injections
de gypses.
La recharge est maximale en été. Elle débute
au printemps, lors de la fonte généralisée,
par l'intermédiaire de zones d'infil-tration préférentielles,
fracturées et dépourvues de sols. Ces aquifères
sont sensibles à des évolutions climatiques prononcées,
d'ordre saisonnier. Il est sûr que les bassins versants
hydro-géologiques s'éloignent de ceux géographiques
.
Les temps de transit sont variables en milieu fissuré.
Ils sont fonction de la distance qui sépare l'exutoire
de son aire d'alimentation, et de la présence d'axes de
drainage privilégiés.
Le milieu de zone de contact anormal
Sa nature évaporitique favorise la création de
réseaux de dissolution importants qui constituent des axes
de drainage privilégiés. La fonction minéralisatrice
de ce milieu est liée à la dissolution des gypses
qui fournit d'importantes quantités de sulfates et de strontium.
Elle n'est pas obligatoirement le signe d'un long temps de séjour.
En fait, l'énorme extension de ce type d'aquifère
profond ne semble pas engendrer de fonction capacitive réellement
importante. Le séjour des eaux dans l'aquifère évaporitique
lui-même est relativement court. La stabilité des
réponses s'explique par des réserves importantes,
au niveau des massifs fissurés, évacuées
par le milieu évaporitique par drainance à débit
constant.
Les aquiféres évaporitiques collectent les eaux
des couvertures carbonatées qui les surmontent. Les temps
de transit dépendent de l'épaisseur du massif drainé.
La recharge, continue tout au long de l'année, est liée
aux réserves en eau contenues dans le milieu fissural des
couvertures carbonatées. Des infiltrations localisées
sont possibles par le biais d'accidents tectoniques sub-verticaux
de grande ampleur. Ils peuvent aussi récupérer les
eaux de ruissellement des couvertures imperméables.
Les bassins versants hydrogéologiques sont immenses
car ils englobent des massifs entiers. Ils sont sans commune mesure
avec les bassins versants topographiques des sources étudiées
et peuvent drainer des sous-bassins de grandes dimensions et de
nature différente.
En résumé
Cette étude a permis de définir les différents
types d'aquifères rencontrés en Vanoise. Leur fonctionnement
est régi par les contrastes morphologiques, climatologiques
et géologiques propres au milieu de haute montagne. Le
comportement des aquiféres de Vanoise est très différent
de ce que l'on observe en plaine. Les forts gradients altimétriques,
le retard à l'infiltration, les hétérogénéités
et discontinuités géologiques sont autant de facteurs
qui conditionnent l'hydrodynamique de ces aquiféres de
haute altitude
Ce travail se voulait une première approche quantitative
et qualitative du fonctionnement des aquifères de Vanoise
et plus généralement de haute montagne. De nombreux
voiles ont été levés. Pourtant des inconnues
subsistent au niveau hydrogéologique tels que:
- L'impossibilité, à l'heure actuelle, de réaliser
un bilan hydrique. Ce ne sont pas tant les moyens financiers,
techniques que méthodologiques qui font défaut.
La représentativité des mesures climatologiques
est à elle seule un vaste terrain d'investigation.
- Le fonctionnement des milieux considérés comme
aquicludes à l'échelle du massif de la Vanoise
(schistes...), mais qui ne le sont pas forcément au niveau
local.
- L'hydrodynamique du milieu cristallin , absent du massif
de la Vanoise, ou gneissique qui n'a pas été abordé
dans cette étude.
Figure 99 : Représentation
schématique du fonctionnement des aquifères de Vanoise,
au format .pdf
Université
de Savoie LGHAM
Travaux du Département des Sciences
de la Terre Publications
Travaux en co-tutelle