Les études sur la fusion nivale en zones alpines sont nombreuses. Elles concernent généralement la prévision des crues sur de grands bassins versants dans le but d'amé-liorer la gestion des cours d'eau. Le suivi du stock neigeux fait appel à des méthodes varices telles que, la mesure des paramètres nivoclimatiques, le bilan énergétique et la télédétection appliquée sur de grands bassins [1]. L'étude réalisée ici sur le bassin de Chavanette (Morzine-Avoriaz) concerne les réponses à la fusion nivale, d'un aquifère calcaire et fissuré, au niveau d'une source pérenne d'altitude (1 850 m) alimentée par un petit bassin versant dont la totalité de la surface reste enneigée sur la période étudiée. Le système est donc composé par le couvert neigeux, les zones d'infiltration et un aquifère. Il implique une approche hydrogéologique et nivoclimatique.
1. PRÉSENTATION DU SITE
C'est sur la commune de Morzine, dans le Chablais haut-savoyard,
qu'est équipé le site de Chavanette (fig. 1). Situé
à 20 kilomètres au Sud du Léman, ce versant
d'exposition Nord-Est s'étend entre la frontière
suisse et les habitations de la station de sport d'hiver d'Avoriaz.
Ces points cul-minants sont à des altitudes supérieures
à 2 300 mètres entre la Pointe de Vorlaz à
l'Est (2 346 m) et les Hauts Forts au Sud-Ouest (2 372 m). A la
côte 1 740 m se trouve le lac d'Avoriaz qui a pour bassin
versant topographique le bassin de Chavanette dont la superficie
totale est de 3 km2. Le réseau hydrographique temporaire
est essentiel-lement actif en période de fonte au printemps
ou lors de fortes pluies quand il n'est pas couvert de neige.
Aucun aménagement ne permet de connaître les fluctuations
de son débit. Tous les drains de surface convergent en
amont du lac d'Avoriaz qui se situe dans une zone endoréique.
En période d'étiage hivernal, la source de Chavanette
située à 1 850 mètres d'altitude est une
des principales ressources du réseau d'alimentation en
eau potable. Son bassin versant topographique (surface: 0,92 km2)
fait donc
plus particulièrement l'objet de cette étude. Contrairement
à la plupart des ruisseaux du bassin, la source de Chavanette
ne tarie jamais.
Du point de vue géologique, le site de Chavanette appartient
entièrement à la " Nappe de la Brèche
" du Chablais, formati on hectométrique calcaroo dol
i m i tique , af-fectée par une fracturation cassante.
La dépression du bassin de Chavanette semble être
creusée dans la sous-unité lithologique des Schistes
et Calcaires inférieurs (Lias). Il s'agit de schistes calcaires
dans lesquels sont intercalés des niveaux de calcaires
bréchiques. (...)
Extrait de "La Houille Blanche", revue internationale de l'eau, n° 7-1995, p83-87