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| Accueil > Colloque internationnal "Espaces protégés, acceptation sociale et conflits environnementaux" | ||||||||||||||||||||
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Colloque international
Le colloque "Espaces protégés, acceptation sociale et conflits environnementaux" ambitionne de rassembler les chercheurs en géographie, et plus largement en sciences sociales (histoire, sociologie, sciences politiques, économie, ethnologie, droit public…), travaillant sur les espaces protégés. Longtemps « chasse gardée » des naturalistes, les espaces protégés sont désormais largement investis par les disciplines de sciences humaines. Le colloque souhaite présenter les avancées récentes et les pistes de recherche susceptibles d’être dégagées dans l’avenir. Les espaces protégés ici retenus sont de tous types, tant d’un point de vue de leurs configurations, de leurs dimensions, de leur réglementation ou de leur « efficacité » supposée : parcs nationaux, parcs naturels régionaux -ou équivalents internationaux-, réserves naturelles, sites classés, réseau Natura 2000, etc. Le colloque privilégie un angle d’attaque social et politique des dispositifs de protection au regard de leur acceptation et des conflits qui s’y déploient, ou qu’ils suscitent. L’accent sera mis sur les méthodes utilisées par les chercheurs pour analyser et comprendre ces phénomènes. Par la confrontation des recherches et des études internationales, le colloque a pour objet de dégager les similitudes et les disparités dans les modalités de gestion et de fonctionnement des espaces protégés, notamment en liaison avec les territoires qui les supportent. Le rapport aux acteurs et aux activités locales sera un des points forts de cette réunion. La problématique principale s’articulera sur la prise en compte des contextes ou événements conflictuels dans la politique de gestion des espaces protégés, visant à assurer de meilleures conditions d’acceptation sociale et de fonctionnement.
Cette session propose d’interroger la pertinence des dispositifs de protection de l’environnement. Si les difficultés rencontrées par les espaces protégés ont fait l’objet de recherches approfondies, il demeure une forme de silence quant à leur enchaînement et aux mécanismes expliquant les blocages récurrents. Parmi les pistes envisagées, les configurations spatiales et structurelles des espaces protégés (dimensions, superficies, formes : des sites éclatés en passant par les corridors biologiques jusqu’aux Aires Protégées Transfrontalières et Peace Parks), mais aussi organisationnelles (réglementaire, contractuel…) seront abordées. Une approche critique de la catégorisation des espaces protégés par l’UICN (1994), à partir d’exemples concrets, semble pertinente. Les notions de protection, de préservation, de conservation, de sanctuarisation méritent d’être interpellées, appliquées à des territoires et remises en perspective. Comme l’ont déjà interrogé certains auteurs anglo-saxons, les espaces protégés à fonction réglementaire sont-ils les meilleurs moyens aujourd’hui d’assurer la protection de l’environnement ? Leur multiplication, leur extension ne sont-elles pas aussi révélatrices d’une forme de vacuité ? Le suivi de l’évolution des milieux protégés via des techniques comme la géomatique permet désormais d’évaluer précisément l’efficacité des politiques publiques. A titre comparatif, les dispositifs de protection des patrimoines urbains, industriels pourront être retenus par le comité scientifique.
Les niveaux de décision de création et de soutien des espaces protégés, leurs modalités d’application sont multiscalaires : international (conférences mondiales comme les Congrès mondiaux sur les Parcs organisés par l’UICN ou conventions internationales de l’UNESCO ou de l’ONU), national, régional (équivalent des Parcs Naturels Régionaux français), local. Les temporalités des créations de ces territoires de la conservation, leur refonte et leur re-délimitation (via des chartes, des conventions, des redécoupages résultant de compromis territoriaux…), leur mise en réseau (corridors biologiques et autres passerelles) expliquent les mutations incessantes qu’ils subissent et les tensions récurrentes qu’elles suscitent. Quelle place pour l’éducation à l’environnement dans le processus d’acceptation progressive des espaces protégés ? Le tourisme (« écotourisme », tourisme « vert » ou « de nature »), considéré parfois comme fauteur de troubles, ne participe pas toujours de leur reconnaissance progressive.
Les apports des épisodes ou des contextes conflictuels à la concertation des acteurs sont largement démontrés. Il convient néanmoins d’observer comment ceux-ci participent au processus de regroupement des acteurs autour d’un territoire commun, mais souvent avec des finalités diverses. S’ils appellent à l’échange, s’ils poussent à la réflexion commune sur des solutions et sur des projets, les conflits demeurent néanmoins, ponctuellement ou comme « bruits de fond », des éléments de blocage. L’instrumentalisation politique des aires protégées dépasse largement la gestion de la biodiversité, ces dernières faisant office de territoires de développement, mais aussi d’outils électoralistes. Les relations entre les populations locales, peuples autochtones et originaires, les touristes et les populations exogènes, le déclenchement et la résolution des conflits que cela implique parfois devront être évalués. L’imbrication des niveaux d’intervention et les jeux d’acteurs au sein d’un collectif (ONG, experts, usagers divers, médiateurs…) sont aussi au cœur des perspectives de recherche. La circulation et la confrontation des savoirs profanes et scientifiques, leur hiérarchisation dans les politiques de gestion s’avèrent aujourd’hui au cœur des débats.
Comment gérer un espace protégé ? Avec qui et pour qui ? Avec quelle hiérarchie d’objectifs ? A l’écart des hommes ou avec les habitants ? Dans cette perspective, les appels à la co-gestion ou gestion participative (coopérative, collaborative ou conjointe selon les terminologies anglo-saxonnes) ne sont-ils qu’illusion ? Cette session soulève aussi la question du peuplement, des usages (chasse, pêche, cueillette, agriculture…) et des représentations contradictoires du territoire, non pas contre l’aire protégée, mais comme une composante majeure de celle-ci. Cela interroge également les notions de « nature remarquable » et de « nature ordinaire » ; cette dernière peut-elle remettre en cause le statut d’espace protégé ? La caractérisation des ressources, leur statut juridique, la réglementation en vigueur dans les espaces protégés et autour d’eux sont autant de freins ou d’incitations à une gestion concertée.
Présidence de l’Université de Savoie
Colloque Espaces protégés
Lionel Laslaz Page web : http://edytem.univ-savoie.fr/esppro2009
Droits d’inscription (à régler lors de l’inscription définitive, en même temps que l’envoi du texte)
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