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Jeudi 6 Novembre à 14h | Séminaire EDYTEM

Activités humaines et pollution à long terme de l’environnement : exemples des métaux et des pesticides

Amphi pôle montagne, Campus Bourget du lac, Université Savoie Mont Blanc

2 conférences :

L’étang de Pierre Blanche (Montpellier) entre changements globaux et pression anthropique

Françoise Elbaz-Poulichet, UMR Hydrosciences, Montpellier

À l’ouest du Rhône, l’interface entre la mer et la terre est largement occupée par des étangs. Le système des étangs Palavasien couvre une superficie de 4000 hectares de plan d’eau. La formation de ce système lagunaire remonte à 7500 cal yr BP. Elle résulte de processus complexes liés à la montée du niveau des mers après la dernière glaciation, aux apports de sédiments par le Rhône et à l’activité humaine. La fermeture de la barrière sableuse (Lido) qui les sépare de la mer interviendra autour de 700 cal yr BP. Les premières traces d’occupation humaine sur leurs rives remontent à l’âge de Fer (900BC). L’homme a contribué au cloisonnement de ces étangs qui sont aux nombres de 9 aujourd’hui.

De par leur situation, ces lagunes sont très sensibles aux tempêtes qui peuvent ouvrir des brèches dans le lido. Réceptacle des bassins versants, elles sont aussi sensibles à l’érosion sur le continent que cette dernière soit provoquée par les crues ou par des changements de couverture des sols. Les lagunes sont également très largement soumises aux apports de contaminants (éléments nutritifs, métaux,...).

Les sédiments de ces lagunes constituent des archives naturelles où sont enregistrés les changements qu’elles ont subits en liaison avec les variations climatiques et les impacts anthropiques.

L’étude des éléments traces dans une carotte sédimentaire de la lagune de Pierre Blanche (Sud de Montpellier) a permis de reconstruire l’histoire de la pollution en Pb et Hg et de son origine sur une période de 3500 ans. Elle a également permis d’identifier une phase d’anoxie des eaux du fond de la lagune à la période Romaine.

Effet à long terme de l’utilisation des pesticides en domaine viticole

Pierre Sabatier, EDYTEM, Univ. Savoie/CNRS, Le Bourget du lac

L’augmentation mondiale de l’utilisation des pesticides en agriculture au cours du dernier siècle et ses conséquences à long terme sur l’environnement et les écosystèmes sont encore peu étudiées, et ce principalement par un manque de recul temporel des mesures in situ. Cette étude propose de pallier à ce manque, en mettant en place une méthode basée sur la rétro-observation, utilisant des carottes de sédiments afin de reconstituer la dynamique de mobilité des pesticides appliqués sur des parcelles viticoles en Savoie au cours du dernier siècle (bassin versant du lac de Saint André). Cette étude démontre que l’application d’herbicides type glyphosate (Roundup, Monsanto) et le labour entraîne l’érosion des sols viticoles et remobilise des résidus d’insecticide (DDT), pourtant interdits depuis plusieurs décennies à cause de leurs effets toxiques sur la santé et les écosystèmes.

- Voir aussi l’article concernant la publication dans PNAS le 13/10/2014

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