Sentier géodidactique du karst de Tsanfleuron
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Canton : Valais Commune : Savièse |
Thème principal : Géomorphologie |
Durée du parcours : 3h00-3h30 |
| Date de création : 1993 |
Période géologique : Crétacé - Eocène |
Dénivelé : 650 m | |
| Distance : environ 12 km | |||
![]() Plan extrait du fascicule « Tsanfeuron, entre roche et glace »
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Ce sentier a été créé en 1993, à l’initiative du ski-club de Savièse propriétaire de la cabane de Prarochet et de la Commission culturelle de la commune de Savièse. La maîtrise d’œuvre a été assurée par Emmanuel Reynard, aujourd’hui professeur à l’Institut de Géographie de Lausanne. L’objectif était de sensibiliser les touristes aux impacts négatifs liés au développement important des pratiques, en particulier après l’installation de remontées mécaniques. Il permet de découvrir des terrains de la couverture de la zone externe, ainsi que les nappes du Wildhorn et des Diablerets.
Descriptif :
Une boucle peut-être réalisée en partant du col du Sanetsch à 2 242 m (arrêt du car postal) en direction de la Tour St-Martin. Le retour s’effectue par la cabane de Prarochet jusqu’à l’hôtel du Sanetsch (arrêt du car postal)
Aucun panneau n’a été posé sur le parcours mais une première brochure didactique a été réalisée en 1000 exemplaire en 1995, a l’initiative du ski-club de Savière propriétaire de la cabane de Prarochet. Une seconde édition (Tsanfleuron, entre roche et glace) de 64 pages a été éditée en 2004 en 3000 exemplaires au prix de 10 francs suisse.
Les roches rencontrées sur le parcours
Le karst de Tsanfleuron s’étend sur un vaste plateau de 9 km2 incliné vers l’Est. Il est partiellement recouvert par le glacier du même nom.
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Photo extraite du fascicule Tsanfeuron, entre roche et glace |
Les terrains parcourus au cours de la randonnée, sont tous d’origine marine et témoignent de l’histoire du massif depuis le milieu du crétacé, il y a environ 130 millions d’années. Deux formations calcaires principales sont observables :
riches en rudistes, qui présentent à leur partie supérieure, une karstification liée à l’émersion qui survint à la fin du crétacé, il y a 70 millions d’années et qui provoqua l’érosion des terrains supérieurs puis une karstification.
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Les poches du karst ont été remplies par les dépôts détritiques éocènes, résultats d’une activité érosive importante sous climat tropical humide.
- Des couches à Cérithes marquent le retour de la mer (fond du vallon de Lachon). Suivi par des calcaires numulitiques, franchement marins eux, de l’ éocène supérieur.
Evolution du glacier de Tsanfleuron
La position du front du glacier de Tsanfleuron est mesurée annuellement par la Commission glaciologique suisse depuis 1892. Il a de plus fait l’objet d’études approfondies par Max Maisch et Andreas Wipf, dans le cadre d’un programme de recherche : Changements climatiques et risques naturels.
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Le glacier du petit âge glaciaire a laissé un cordon morainique bien visible dans le paysage. A l’aval, le lapiaz de Tsanfleuron est soumis à l’érosion karstique depuis le début de l’holocène. A l’amont, on observe les traces de l’abrasion glaciaire avec des roches moutonnées. En 1973, le premier inventaire glaciologique a montré que le glacier avait perdu 47 % de sa surface, passant de 7,19 à 3,82 km2. Les prévisions pour 2015 prévoient une perte d’encore 51 % de la surface. |
![]() Photo extraite du fascicule Tsanfeuron, entre roche et glace
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L’éboulement de Derborence :
Au poste 10 du sentier, la vue est plongeante sur le cirque de Derborence. Le 23 septembre 1714, une grosse masse de rochers ( 50 millions de m3) s’est détachée de la paroi sous le sommet des Diablerets, au Derotchieu. On voit encore très bien la niche d'arrachement. 1500 mètres plus bas, elle s'est étalée en forme de cône entre les Mayens de Derborence et le Godé, soit sur 1800 mètres de large. La plus grande partie des matériaux fut déposée sur ce territoire. Une certaine quantité cependant s'engouffra dans la partie étroite de la vallée et s'arrêta vers 1100 mètres après avoir parcouru 5 kilomètres et demi.
Selon les estimations, l'épaisseur de l'amoncellement des blocs entre le Godé et Derborence serait d'environ une centaine de mètres. Les dégâts furent très importants. Selon le témoignage du curé d'Ardon, monté deux jours après la catastrophe pour exorciser les diables de la montagne, 55 mayens furent recouverts et 14 personnes perdirent la vie. Seules 5 personnes ont été sauvées.
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Le roman « Derborence » de l’écrivain vaudois C.F. Ramuz évoque le retour trois mois après la catastrophes de l’un de ces survivants. |
![]() d’après le site « suisscastles.com » |
Le site est protégé au titre de l’ Inventaire Fédéral des Paysages (IFP 1713), ainsi que par un arrêté de classement du canton du Valais (n°451.114 ) en date du 30 mars 1961.
Bibliographie, sites internet :
- Reynard Emmanuel (2004), Tsanfleuron, entre roche et glace. Une invitation à la découverte géomorphologique du karst de Tsanfleuron, commune de Savièse, commission des relations publiques et tourisme, brochure didactique, 64p.
- Reynard Emmanuel (2006), Valorisation géotouristique du karst de Tsanfleuron (Valais, Suisse) in : Gestion durable de l’environnement karstique, Actes de la réunion annuelle de la Société Suisse de géomorphologie p 69-78




