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Mission PALAS (PAleoclimate from LAke Sediments), Kerguelen 2019-2020

Le 8 novembre 2019, 4 chercheurs d’EDYTEM (Charline Giguet Covex, Philip Deline, Ludovic Ravanel et Fabien Arnaud) embarqueront sur le Marion-Dufresne en direction de l’archipel de Kerguelen, dans l’Océan Indien Subantarctique. Objectif : Récupérer les échantillon nécessaires pour reconstituer les variations de la taille des glaciers, via la datation de formes et dépôts périglaciaires et l’étude de sédiments lacustres.


25/11/2019 : Les choses sérieuses commencent..

Plus de photos ou de longs textes avant un petit moment...peut etre, avec un peu de chance, lors d’un passage sur la Curieuse, navire attaché aux Kerguelen, à mi mission. Place aux SMS de localisation...


24/11/2019 : Dernières photos avant débarquement



22 et 23/11/2019 : Bienvenue à Kerguelen !

Et nous y voilà. Après une traversée longue mais presque trop calme, nous arrivons en vue de Kerguelen ce vendredi soir. Enfin, en vue, c’est un bien grand mot. Dans le mauvais qui nous accueille, le premier indice tangible de l’approche de l’archipel est à recherche sur le bathymètre du bateau qui nous annonce des profondeurs passant très rapidement de 1600 à 150m. Nous voilà sur le plateau de Kerguelen. Et quel accueil ! Un vent souffle de NE, puis NO, établi à 50 nœuds, nous fait giter en permanence à tribord. Les creux de 6 à 8m en rajoutent un petit plus, provoquant parfois de petites embardées amenant l’indicateur de gite aux alentours de 20°. Mais globalement, le Marin fend les flots sans broncher et emmène tout le monde à l’abri de la houle au sud de Kerguelen. A l’abri de la houle, mais pas du vent. Après le dîner, immuablement pris à 19h15, pour nous, les chanceux du 2e service, la découverte des falaises abruptes du sud-ouest de l’île se fait sous un vent furieux dans lequel on peine à tenir debout. Prendre une photo à bout de bras, comme c’est l’usage en ce début de 21e siècle, est la garantie d’un superbe flou de bouger. Bonjour Kerguelen, nous aussi, on est content de te voir !

Le lendemain, difficile de résister à l’excitation de participer à la remontée de la Baie de la Table au fond de laquelle se trouve l’embouchure de la rivière jaune, qui draine notamment le Glacier Ampère. Debout donc à 5h30, direction la passerelle. On l’on découvre que le vent est toujours établi à 40 nœuds, mais qu’il a atteint 70 nœuds au cours de la nuit. A première, on a du mal à imaginer que notre bateau est suffisamment étroit pour franchir l’entrée de la baie sans toucher. Mais les cartes et l’expérience des prédécesseurs sont autant formels : ça passe. La tension est palpable à la passerelle, mais le passage est franchi dans le calme du petit matin. Cerise sur la gâteau, le vent tombe à moins de 25 nœud rendant la station debout plus facile… et les photos moins floues. Nous laissons sur notre tribord « La Table », l’impressionnante mesa qui donne son nom à la baie et à bâbord l’ile du Prince de Monaco. Peu des passagers, l’ont noté, mais le détail coure dans ma tête depuis que j’ai commencé à écumer les cartes de Kerguelen : le sommet de La Table est auréolé d’un lac. Un jour peut-être… Au fond du payage vers l’ouest, sous le Mont Ross, encore blotti sous sa couette nuageuse, le doigt de Sainte Anne semble nous adresser un message difficile à décoder…


Après une vingtaine de minute en marche avant lente, nous voilà au fond de la Baie de la Table. Les rares géologues du bord notent immédiatement la large bande d’eau plus turbide, quasiment jaune, qui occupe la rive droite ouest de la baie. C’est le produit de l’érosion due au Glacier Ampère qui finit sa course dans l’océan indien. Après tant de jours à scruter un horizon désespérément… horizontal, notre petite bande de montagnards et de nordistes se trouve galvanisée par les pentes abruptes et la présence palpable des glaciers. Cette fois-ci, pas de doute, l’aventure va bientôt pouvoir commencer !

Si la Log IPEV a souhaité venir jusqu’ici, ce n’est pas pour notre plaisir, mais pour ravitailler deux cabanes : « glacier » et « mortadelle » qui serviront d’étapes à de futurs programmes. En moins de 30 minutes, l’affaire est réglée et nous reprenons la mer, direction Port-aux-Français. Dans notre route plein ouest nous allons passer au pied du géant des lieux, le Mont Ross, qui culmine à 1860m au cœur du Massif Gallieni. Nous scrutons depuis la passerelle la masse nuageuse qui le cache à nos regards, quand soudain, une masse blanche dans le blanc des nuages semble se dessiner. Un petit tour à l’extérieur confirme l’apparition magique et est immortalisée, au cas où on ne voit pas mieux. Mais on en veut plus ! Nous campons sur le pont supérieur à l’extérieur, au-dessus de la passerelle, pour atteindre l’éclaircie que nos sens de montagnard sentent plus que probable. Et en effet, au fur et à mesure que nous glissons vers l’ouest, nous contournons la masse nuageuse, qui par ailleurs s’estompe petit à petit et voyons d’abord l’épaule de la crête sommitale et enfin c’est le sommet dans son intégralité, magnifique meringue de givre tarabiscotée, qui se livre à nos regards. Merci le Ross, merci Kerguelen pour ce moment magique qui restera longtemps gravé dans nos mémoires !





Demain les choses sérieuses commencent avec le dernier brieffing de sécurité avec le chef de district et tous les camarades qui veilleront sur nous depuis Port-aux-Français, mais ça c’est pour demain et nous profitons encore un peu du ventre douillet du Marion…

21/11/2019 : Des nouvelles de la mascotte

La mascotte du collège Jules Ferry à Chambéry qui suit la mission avec ses classes de 5e, a eu le droit de descendre à Crozet..

20/11/2019 : Bye bye Crozet

Et voilà, nous quittons (enfin) l’archipel de Crozet. Pas beaucoup d’action depuis nos petites escapades sur l’île de la Possession. Mais Yann, le grand manitou de la log IPEV, nous a fait un immense cadeau. Il a ressorti toutes les photos de l’excursion de 5 jours aux « lacs mythos » (les fameux Athena, Hera et Aphrodite) qu’il a faite l’an dernier à peu près à la même époque avec Romuald (que nous retrouverons à OP4) et Germain, qui sera parmi nos anges gardiens à Port-aux-français. Ces quelques 200 photos nous ont permis de nous projeter plus encore dans l’aventure à venir. Reconnaissance des voies de passages, visualisation des lieux des camps et de leur environnement, bien sûr. Mais aussi et surtout, nos esprits bouillonnent déjà pour essayer de percer, sur la base de ces quelques vues, les mystères de ces lacs mythologiques et de leurs relations avec les rivières et les glaciers qui dévalent de la Calotte Cook. L’affaire s’annonce corsée, mais si nous résolvons ce puzzle géant en 4 dimensions (l’espace et le temps…) les résultats scientifiques seront à la hauteur de la difficulté de la tâche qui nous attend !

Autre cadeau du jour : la préfète des TAAF a dû se rendre ce matin à l’île aux pingouins pour un petit tour d’hélicoptère destiné à marquer la possession de la France sur ce caillou du bout du monde. Du bout d’un autre monde pourrait-on même dire. Voir la proue insensée de ce navire immobile jaillir des flots du grand sud restera l’un des moments forts de notre incursion dans ces lieux décidément pas du tout faits pour les humains. Mais le plus incroyable restait à venir. En écarquillant les yeux sans y croire et en poussant le zoom à fond, nous avons saisi le sens étymologique de l’île. Des millions (2, très exactement) de gorfous macaroni peuplent les pentes raides de la face est, quasiment jusqu’à son sommet. Les plus doctes d’entre nos compagnons de voyage nous ont expliqué que ces petites bêtes d’à peine 50cm de haut peuvent passer jusqu’à 3h à remonter ces pentes, sous les coups d’ailerons incessants de leurs congénères pour faire nid en couple à l’abri des parasites de la plage. Lorsque l’œuf est pondu, chaque parent se relaie 15 jours pour le couver. S’ensuit un ballet de plusieurs semaines d’aller-retours d’environ 3 jours où papa et maman se relaient pour amener de la bonne bouillie de poissons au rejeton. Une vie de gorfou, quoi.


A présent le soleil se couche à la poupe du navire, signe que nous avons résolument mis le cap à l’est en direction de Kerguelen. Avant d’être déposé sur « notre » terrain, nous aurons encore la chance de passer par le sud de l’archipel, de visiter la Baie de la Table et de découvrir Port-aux-Français. Mais ça, c’est une autre histoire.



19/11/2019 : Présentation de l’équipe

En attendant les dernières nouvelles du bateau, commençons à faire plus ample connaissance avec les membres Franco - Norvégiens de cette mission PALAS (PAleoclimate from LAke Sediments)

Charline Giguet-Covex

Chargée de recherche CNRS au laboratoire EDYTEM au Bourget-du-Lac (Université Savoie Mont-Blanc), Charline est sédimentologue et géochimiste de formation. Elle est aujourd’hui l’une des rares spécialistes mondiales de l’étude de l’ADN retrouvé dans les sédiments de lacs. Elle est ainsi, notamment, l’auteure de la première reconstitution plurimillénaire de la présence de troupeaux à partir de l’ADN sédimentaire lacustre en 2014. Au cours de la mission PALAS 2019, elle apportera son expérience dans le domaine du carottage qu’elle pratique depuis ses tout premiers travaux de doctorat en montagne, dès 2007. De retour au laboratoire, elle s’attachera à extraire l’ADN sédimentaire de plantes pour mettre en évidence les différentes successions végétales qui ont accompagné les fluctuations des glaciers de Kerguelen, en amont des lacs étudiés.
******* CNRS researcher at laboratory EDYTEM, Le Bourget-du-Lac (Université Savoie Mont-Blanc), Charline is a sedimentologist and geochemist. She is nowadays one of the rare specialists in the world of the study of ancient DNA found in lake sediments. She hence published the very first plurimillennial reconstruction of past domesticated herds presence from sediment DNA in 2014. During PALAS 2019, she will bring her long experience in lake coring that she acquired since the early stage of her doctorate back in 2007. Back to the lab, she will try to extract plant DNA in order to reconstruct past vegetal successions that followed fluctuations in Kerguelen glaciers located above studied lakes.


17/11/2019 : Dimanche à terre à Crozet pour Charline et Philip

"Ce dimanche, Charline et moi avons passé la journée dans et autour de la base Alfred Faure sur l’ile de la Possession. Au menu, montée sur un sommet à près de 400 m d’alt, pour embrasser la vue que montre la photo jointe, avec le Marion ancré devant la baie du Marin et, au fond, l’ile de l’Est avec ses versants abrupts.

Ambiance très minérale malgré les multiples touffes de végétation, azorelles en particulier, et des couleurs superbes sous le soleil. L’après-midi, après avoir vu de loin quelques jeunes albatros au nid, Charline est descendu rentre visite à la colonie de manchots (photos à venir) tandis que je longeais des falaises et étudiais des dépôts de pente (c’est qui le professionnel ?), avec peut-être des blocs erratiques - de quoi justifier une prochaine mission à Crozet ?"

16/11/2019 : En station devant la base Alfred Faure, île de la Possession, Crozet

Temps calme ce matin sur Crozet. Nous avons fait le grand nettoyage de nos affaires personnelles comme le veut le protocole de biosecurité. Le but est de veiller à n’apporter dans ces îles au patrimoine biologique encore presque intact aucune graine, insecte ou bactérie susceptible de mettre en péril les espèces indigènes et endémiques de ces territoires.

La litanie des vols d’hélicoptère a rythmé la matinée et le ravitaillement de cette base du bout du monde bat son plein. Nous sommes en station dans la baie du marin, qui abrite une colonie de manchots royaux, comme toujours affublés de leurs encombrants voisins à gros nez : les éléphants de mer et surveillés de près par les skuas et les pétrels géants, prêts à éliminer tous ceux qui montreraient le moindre signe de faiblesse. Les manchots passent sous nos fenêtres pour rejoindre leur colonie ce qui donne l’occasion de les voir de près dans leur élément de prédilection : la mer.

Ce calme relatif est trompeur, une énorme dépression fond sur nous et devrait atteindre l’archipel d’ici 3 à 4 jours. De quoi alimenter les discussions du bord : faut-il avancer la récupération de l’équipe « cochons » (cf. plus haut…) ? Faut-il laisser passer la dépression ou faire route au plus tôt vers Kerguelen pour rester devant elle ? Seul le commandant peut prendre cette décision et pour l’instant rien de solide ne filtre. Nous verrons bien…

15/11/2019 : En station au large de l’île aux cochons

Comme prévu, nous sommes arrivés ce matin devant l’île aux cochons de l’archipel de Crozet. Cette île a été classée en réserve intégrale par la Réserve naturelle des Australes, à ce titre elle est interdite d’accès aux hommes. Cependant, des biologistes vont y passer 5 jours pour tenter d’élucider le mystère de la quasi-disparition de la colonie de manchots royaux qui était la plus grande du monde et qui semble avoir été décimée (80 à 90% de manchots en moins) au cours des 30 dernières années. En arrivant sur place, il est vrai que quand on voit la plage, la population semble bien clairsemée (désolé pour le flou : la plage est très loin, le bateau bouge et et le vent est très fort).

Avec cette escale c’est le vrai début de l’aventure. La température frôle le 0°C avec un vent de 25 à 30 nœuds établi. Le ciel et la mer se confondent en une infinité de nuances de gris réhuassés du blanc des moutons levés par le vent. La terre désolée de l’île aux cochons présente les rares nuances de couleur en dégradés de jaune et de vert, là aussi ponctué du blanc du ventre des manchots royaux.

Le Marion est à présent en station face au vent, pour permettre le décollage de l’hélicoptère. Pas facile par ce vent, même si l’équipage s’est employé à attacher une manche à air pour guider le pilote dans ses manœuvres d’appontage quand il reviendra de l’île aux cochons.

Les oiseaux nous tournent autour de l’arrière vers l’avant du bateau. C’est une occasion rare de voir les albatros (ici, des « sourcils noirs ») et les pétrels géant de très près !

Bienvenue dans le Subantarctique !

14/11/2019 : En approche de l’archipel de Crozet

Déjà six jours de mer et ça y est nous entrons dans le grand sud. Comment le savons-nous ? Un albatros géant est d’abord venu nous le signaler hier au petit-déjeuner. Puis, depuis ce matin, la couleur de la mer a viré au gris, les moutons se sont faits de plus en plus gros au fur et à mesure que le vent forcissait pour s’établir aux alentours de 25 à 30 nœuds. La mer est à présent couverte de moutons, l’écume soulevée par l’étrave du Marion lorsqu’il redescend des vagues est littéralement pulvérisée par le vent. Une aubaine pour les prions, les plus petits des oiseaux qui désormais nous suivent en permanence, qui viennent jouer avec cette écume qu’ils vont filtrer pour se nourrir du zooplancton qu’elle envoie en l’air. Hier, nous avons aperçu dans notre arrière un groupe de baleines et nous avons pu admirer leurs jets immenses pendant plusieurs minutes, alors que nous filions plein sud à 13 nœuds. Cette abondance soudaine de vie, qui s’était faite si discrète depuis notre départ révèle la proximité de l’archipel de Crozet que nous atteindrons au petit matin…

13/11/2019 : Le point du jour

12/11/2019 : L’équipe au complet

11/11/2019  : Aujourd’hui c’est Charline qui donne des nouvelles

L’équipe continue à prendre ses marques et à essayer de se faire au rythme de vie à bord du bateau : un rythme boulot, sport, horizon à perte de vue depuis les ponts est en train de se mettre en place. Après les 1ers discours d’accueil et les formations sécurité, un discours commémoratif est prévu par Mme La Préfète des TAAF en ce 11 novembre. Puis Charline, Ludovic, Henriette et Jostein sont invités à manger à sa table. Pour Fabien c’était la veille. Une première conférence sur les réserves naturelles des TAAFs ainsi qu’une soirée « ciné » était proposé en soirée.

Quelques photos de Philip et Charline

10/11/2019 : C’est parti !!!

L’équipe PALAS s’est retrouvée au grand complet sur le Marion Dufresne en route pour Kerguelen. Le voyage devrait durer entre 15 et 18 jours. Cela nous laissera du temps pour peaufiner les derniers détails de la manip et faire connaissance avec nos compagnons de manip norvégiens. Nous avons commencé par un détour sur l’îlot Tromelin, au nord de Madagascar qui fait partie de ce que l’on appelle les « îles éparses » qui sont sous la supervision administrative des TAAF. Seuls 3 personnes y assurent une présence permanente et nous en avons relevé 2. Nous faisons à présent route à nouveau vers La Réunion pour déposer les « relevés » de Tromelin, avant de plonger vers le grand sud.

Les journées sont rythmées par les formations indispensables (comment monter dans l’hélico ? comment réagir en cas de problème de santé ? quelles précautions prendre pour ne pas importer par mégarde des espèces invasives ? etc.)et par les derniers préparatifs relatifs à la mission. Il faut insister encore sur l’extrême professionnalisme de l’équipe de la logistique IPEV qui met tout en œuvre pour que notre manip puisse réussir.

Avec 16 tonnes de matériel à déposer sur 6 sites dans le secteur le plus isolé de l’île, cette dernière en effet hors norme pour le Subantarctique. Sans le professionnalisme et l’enthousiasme de nos collègues de l’IPEV, un tel effort scientifique n’aurait pu être réalisé. Nous en avons eu un exemple encore ce matin. Pour le camp de Guynemer nous avions prévu d’installer les cabanes sur le delta du lac. Problème : si nous sommes déjà allés sur ce delta, c’était en bateau, mais personne n’y est jamais allé à pied. Pour Yann Le Meur, le patron de la logistique, cela n’est acceptable que si nous pouvons assurer qu’une éventuelle équipe de secours pourra nous rejoindre à pied sec. Nous avons donc épluché les photos aériennes et les photos prises lors de la dernière mission à Guynemer pour définir un itinéraire possible. Cet itinéraire sera validé par un survol en hélicoptère à notre arrivée et si il s’avère impraticable, un site d’implantation alternatif a été défini à proximité de l’exécutoire du lac. Cette histoire illustre à quel point chercheurs et logisticiens travaillent ensemble pour permettre à des missions techniquement et humainement difficiles, de se dérouler dans les meilleures conditions de sécurité possible

06/11/2019 : Derniers préparatifs avant le départ

Les logisticiens de l’IPEV, indispensables à la mission, à l’oeuvre

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