Accueil > Actualités & événements

Du 2 au 14 juillet 2012
Fouilles paléontologiques en Chartreuse

Entre le 2 et le 14 juillet, Christophe GRIGGO va entreprendre des fouilles paléontologiques dans la grotte Tempiette, en Chartreuse [1]. Cette opération a obtenu un avis favorable du SRA Rhône-Alpes et de la Réserve des Hauts de Chartreuse. Elle sera financée pour moitié par le Conseil général de Savoie, pour un quart par l’État et pour un dernier quart par la Réserve des Hauts de Chartreuse.
Christophe GRIGGO sera aidé pendant ces deux semaines de fouilles par Ingrid Gay (Doctorante au LAMPEA-UMR 6636 CNRS Aix-en-Provence), Yves Billaud (Ingénieur de recherche - DRASSM - Marseille), Jean-Jacques Millet (AVDPA – Grenoble) et par plusieurs spéléologues membres du Club Spéléo de Savoie (Christian Dodelin, Roger Thonet) et du Spéléo club du Vercors (Barnabé Fourgous, Tristan Godet, Émilie Rebreyend, Corinne Lebaud).

Présentation du site

Cette grotte, découverte en 1989 par le Spéléo Club de Savoie, correspond à une galerie horizontale de 0,8 m de hauteur, 2 m de large et longue de 7 m, au bout de laquelle s’ouvre un puits aux parois verticales, d’environ 3 m de diamètre et profond de 30 m. Elle a fonctionné comme un piège naturel et renferme les ossements d’animaux qui en« explorant » cette cavité, sont tombés accidentellement au fond du puits.
Il s’agit là d’un gisement particulièrement intéressant concernant notamment le bouquetin et le chamois. En effet, lors des visites précédentes, une douzaine d’arrières de crânes de bouquetins et de sept à huit chamois ont été identifiés, correspondant à des animaux des deux sexes et de tous âges. A cela s’ajoutent, bien évidemment, les centaines d’os longs, de côtes, de vertèbres, etc. correspondant à autant d’individus.
Parmi les autres espèces, il faut rajouter les ossements se rapportant à un ours brun sub-adulte, un aigle royal, trois écureuils, ainsi que quelques petits passereaux.
Tous ces ossements présentent un excellent état de conservation.

Perspectives de recherches

Les populations animales identifiées dans ce contexte naturel, où les carnivores et les hommes semblent n’avoir joué aucun rôle, peuvent être confrontées à celles reconstituées à partir des faunes chassées par l’homme et retrouvées dans les sites proches :

  • Saint Thibaud-de-Couz, La Fru, l’Aulp-du-Seuil en Chartreuse,
  • Prélétang, la grotte Colomb, La Passagère, l’Olette, Les Freydières, Bobache dans le Vercors.

L’interprétation des stratégies de chasse, à partir des seules données archéologiques, se heurte, en effet, à un problème : les faunes représentées relèvent, dans une mesure difficile à définir, de choix économiques divers, liés à la taille des groupes, à leur degré de mobilité ou à la saison de chasse, et non des disponibilités globales de l’environnement. La perception de cet environnement sur d’autres bases est donc nécessaire à la compréhension des comportements humains. La connaissance des associations fauniques en contexte de piège naturel, au voisinage des gisements archéologiques, revêt donc un intérêt direct dans la perception des choix cynégétiques réalisés en offrant l’illustration d’un écosystème non sélectionné par l’homme ou les carnivores.
La grotte Tempiette constitue donc un site paléontologique qui a fonctionné comme un piège naturel, permettant une importante accumulation d’ossements d’Ongulés de montagne. Il s’est formé dans des conditions environnementales comparables de celles des sites archéologiques proches : milieu karstique, altitude, climat, période chronologique. Il constituera un excellent référentiel taphonomique d’accumulation naturelle qui sera unique en contexte de karst de montagne.

Collaborations scientifiques

L’étude du matériel paléontologique recueilli dans la grotte Tempiette se fera en collaboration avec :

  • Michel Philippe (Conservateur honoraire au Muséum de Lyon), Alain Argant (LAMPEA-UMR 6636 CNRS Aix-en-Provence) et Ingrid Gay (Doctorante LAMPEA-UMR 6636 CNRS Aix-en-Provence) pour l’étude paléontologique et taphonomique des vestiges osseux.
  • Jacqueline Argant (LAMPEA-UMR 6636 CNRS Aix-en-Provence) pour les analyses palynologiques.
  • Régis Picavet (PALEOTIME et LAMPEA-UMR 6636 CNRS Aix-en-Provence) pour l’étude des artéfacts lithiques .

[1La localisation reste volontairement imprécise pour éviter d’éventuel pillage

Portfolio

Rechercher


Actualités & événements