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Jeudi 10 avril 2014, 14h | Séminaire EDYTEM

Recherche pluridisciplinaire sur la patrimonialisation des sites d’art rupestre

Bât. Pôle Montagne | Université de Savoie | Le Bourget du Lac

Éthiopie et Namibie : regards croisés sur le patrimoine archéologique


Intervention sur l’émergence du processus de patrimonialisation

Intervenants :
Anne Nivart, Ingénieur de recherche, Docteur en muséologie, Muséum national d’histoire naturelle de Paris
David Pleurdeau, Maître de Conférences, Département de Préhistoire, Muséum national d’Histoire naturelle, Paris

Cette communication vise à présenter un projet de recherche dans lequel nous sommes actuellement investis, lequel a pour objectif principal de confronter le patrimoine et le processus de patrimonialisation en Éthiopie et en Namibie, avec des situations différentes mais présentant des concordances et des problématiques croisées. Les sites d’art rupestre de la zone d’étude en Éthiopie se signalent par l’urgence et la nécessité d’agir pour la sauvegarde de ce patrimoine, qui demeure d’actualité pour la recherche archéologique. La zone d’étude en Namibie se positionne à une étape plus développée du processus de patrimonialisation, avec des sites protégés mais qui sont au cœur de processus d’appropriation émergents et alors même que la valeur de ce patrimoine archéologique se révèle pour les acteurs locaux.

Il s’agit dès lors de développer de manière concomitante des recherches en archéologie sur le peuplement et en muséologie sur le patrimoine, pour comprendre à la fois les problématiques propres à chaque discipline, et tenter de mutualiser les regards disciplinaires dans une zone d’étude commune.

Nous présenterons de manière croisée les deux terrains et les problématiques convergents qui nous amènent à collaborer avec le projet en Afrique du Sud et le massif du Drakensberg.

Couplage fluorescence et diffraction de rayons X pour des analyses in situ non invasives des parois ornées des grottes préhistoriques


Intervention sur les enjeux de la conservation

Intervenante :
Marine Gay, doctorante du laboratoire Archéologie Moléculaire et Structurale (LAMS, UMR CNRS/ UPMC)

Comprendre l’art graphique des cavernes préhistoriques et le préserver sont devenu deux enjeux majeurs de notre société, impliquant une meilleure compréhension des milieux karstiques et de leurs évolutions. Toutefois, le respect de l’intégrité de ces archives archéologiques fragiles restreignent et rendent difficiles leurs études. Les récents développements qui ont eu lieu dans le domaine des rayons X a permis d’ouvrir de nouvelles perspectives dans l’acquisition directement sur le terrain de données physico-chimiques pertinentes, grâce à la mise en œuvre réfléchie de méthodes analytiques portables non-invasives. Deux instruments portables fabriqués sur mesures pour des analyses sur le terrain (un spectromètre de fluorescence X et un dispositif couplant fluorescence et diffraction de rayons X) ont ainsi été utilisés dans deux grottes de la région franco-cantabrique, Rouffignac en Dordogne et La Garma en Cantabrie, avec pour principaux objectifs de mieux caractériser les mélanges pigmentaires utilisés par les artistes paléolithiques et d’évaluer l’état de la paroi ornée et son évolution au cours du temps, ainsi que les interactions entre pigments et paroi.

Pour une approche globale de la préservation des sites d’art rupestre
Les enseignements de l’uKhahlamba-Drakensberg, Afrique du Sud


Intervention sur les apports d’une approche pluridisciplinaire en matière de préservation des sites ornés

Intervenants :
Stéphane Hoerlé, physico-chimiste, Centre National de la Préhistoire, UMR PACEA ; membre associé au Rock Art Research Institute (RARI)
Lucie Bovet, anthropo-archéologue, chercheuse associée au laboratoire EDYTEM ; membre associé au RARI
Mélanie Duval-Massaloux, géographe, CR Edytem ; membre associé au RARI

La gestion des sites d’art rupestre est marquée par des réflexions sur leur vulnérabilité, autrement dit sur les facteurs pouvant conduire à leur endommagement. Essentiellement investie par les archéologues, en lien avec les sciences de l’environnement (géologues, géochimistes ou microbiologistes), l’analyse de la vulnérabilité s’est jusqu’ici principalement basée sur une approche physico-chimique et aménagiste visant à prévenir l’altération des parois et plus largement des abris pariétaux. L’accent porte ici sur la conservation des propriétés physiques, ou encore « de ce que l’on voit », et traduit une vision euro-centrée de ce qui fait la valeur des sites d’art rupestre. Partielle, cette approche semble aujourd’hui devoir être remise en question et ce d’autant plus dans les contextes post-coloniaux, où des recherches archéologiques et anthropologiques ont montré la complexité des valeurs attribuées aux sites d’art rupestre et la nécessité qu’il y avait à prendre en compte leur diversité afin de proposer des plans de gestion cohérents et durables.

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