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2 mai 2012 | Soutenance de thèse de doctorat de géographie de Melaine Le Roy

Reconstitution des fluctuations glaciaires holocènes dans les Alpes occidentales
Apports de la dendrochronologie et des datations par isotopes cosmogéniques produits in situ

Présentation orale le mercredi 02 Mai 2012 à 14h30 à l’Université de Savoie, Amphithéâtre du Bâtiment « Pôle Montagne », laboratoire EDYTEM, Campus scientifique du Bourget du Lac

devant le jury composé de :

  • Vincent Jomelli, Directeur de recherche CNRS, LGP Meudon
    Rapporteur
  • Michel Magny, Directeur de recherche CNRS, Chrono-Environnement
    Rapporteur
  • Jean Louis Edouard, Chargé de recherche CNRS, Centre Camille Julian
    Examinateur
  • Christian Schlüchter, Professeur, Université de Bern
    Examinateur
  • Alain Marnezy, Professeur émérite, Université de Savoie
    Directeur
  • Laurent Astrade, Maitre de conférences, Université de Savoie
    Co-Directeur
  • Philip Deline, Maitre de conférences, Université de Savoie
    Co-Directeur

Résumé

Les glaciers de montagne sont l’un des meilleurs indicateurs des changements climatiques du fait de leur réponse rapide à de faibles variations des paramètres de forçage et de leur large distribution sur la planète. Les chronologies glaciaires représentent de ce fait des enregistrements de référence parmi les reconstitutions paléo-environnementales.
Dans le contexte actuel de réchauffement et de retrait glaciaire accéléré, le développement de telles chronologies est nécessaire afin de mettre en perspective ces changements rapides et de grande ampleur avec ceux du Quaternaire récent.

Si les fluctuations glaciaires holocènes sont relativement bien contraintes dans les Alpes centrales et orientales, les données sont en revanche extrêmement fragmentaires dans les Alpes occidentales avant la seconde moitié du Petit Age Glaciaire ss (1570-1850 AD).
Pour pallier ce manque, nous avons conduit une étude sur plusieurs sites répartis dans trois massifs des Alpes françaises (Mont Blanc, Belledonne, Ecrins), en mettant en œuvre une approche multi-proxies basée sur différentes méthodes de datation (dendrochronologie, datation cosmogéniques 10Be, lichénométrie, datations radiocarbone) – dont certaines utilisées pour la première fois à cette échelle spatiale et temporelle. Tandis que les potentialités de chacune de ces méthodes sont discutées, notre étude a permis de proposer une chronologie
des variations glaciaires couvrant la période holocène, dont les résultats sont comparés à d’autres enregistrements paléoclimatiques régionaux à haute résolution.

Les résultats révèlent un schéma des fluctuations glaciaires holocènes comparable à celui généralement admis dans le reste des Alpes, avec la mise en évidence de récurrences glaciaires importantes au début de l’Holocène, antérieures à 9.3 ka, et la datation du début de la période du Néoglaciaire dès 4.2 ka.
Une contrainte précise des différents stades de la seconde moitié de l’Holocène a pu être obtenue sur le site de la Mer de Glace grâce à l’approche dendroglaciologique sur bois subfossiles (Pinus cembra). Ce site apparaît d’ores et déjà comme l’un des plus importants pour l’étude de cette période puisque la chronologie établie couvre les 4000 dernières années et représente le quatrième enregistrement de cette précision à être développé dans les Alpes.
Les datations obtenues indiquent en outre un synchronisme marqué des maxima glaciaires à l’échelle régionale, ce qui suggère une similarité des forçages sur la frange occidentale des Alpes. Les différences observées avec les chronologies du reste de la chaine s’expliqueraient principalement par les caractéristiques des glaciers étudiés, en particulier leur temps de réponse différent.

Mots clés : Glacier, Holocène, dendrochronologie, Pinus cembra, datations cosmogéniques,
10Be, lichénométrie, Alpes occidentales, massif du Mont Blanc, Belledonne, Ecrins

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